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19 février 2011
Bertrand Guigaz

Alimea : la lettre de février (n°4)

Quatrième cagette : 1 kg d’avocats, 1 kg de kumquats et 8 kg d’oranges

Les dernières nouvelles du verger

Nous sommes en plein chantier : l’herbe ici n’arrête de pousser dans les vergers et il faut passer le gyrobroyeur partout.

- Pour les vergers d’agrumes, les kiwis dont la récolte terminée, on est passé à la taille. Ensuite ceux qui sont équipés vont passer le broyeur à marteau pour broyer les rameaux et leurs feuilles qui composteront en surface. C’est aussi le temps d’apporter le premier passage d’engrais organique, éventuellement de la chaux. Tout ce nettoyage qui permettra à la nouvelle pousse de trouver des conditions favorables à une bonne floraison, puis à la nouaison, puis au grossissement et à la qualité des fruits de la saison suivante (ces clémentines ... aux pomelos 2012 !)

- Dans le verger de Steve et Angela, la gestion des bois de taille se passe différemment : Pas de broyeur, les branches sont récupérées par un boulanger voisin pour qui collecte autour de chez lui pour chauffer son four : riche en huiles essentielles, le clémentinier s’enflamme vert aussi bien que sec et chauffe bien.

- Le GAEC de l’Astratella vient de Lumio faire quelques chargements de branches feuillées coupées de la veille pour distiller et produire l’huile essentielle de petit grain de clémentinier en complément de leur plantes de culture ou de cueillette typiques de Corse (immortelle d’Italie, pin lariccio, romarin, myrte, lentisque, ...)

- Les clémentines sont passées au travers du froid mais nous avons eu des dégâts de gel sur toute la plantation de M Dumont.
Son verger est situé le long de la Bravone. Le cours d’eau et son humidité attirant le froid il est le premier et le plus en danger lors des matinées de gel.
Plus particulièrement les petits orangers, qu’il a été récolté en dernier en espérant que les fruits gelés tombent naturellement. Finalement nous avons décidé de jeter les fruits car il était impossible de repérer tous ceux, trop nombreux en proportion, qui ont perdu leur jus.
Sur les arbres plus grands, de l’autre côté de la rivière, la récolte a distribuée sans pouvoir hélas exclure la possibilité que certaines oranges manquent de jus.

- La récolte des quelques citronniers du verger a été intégralement perdue : ce sont les agrumes les plus sensibles au froid. Les citronniers ont été plantés en 1965 au moment de la mise en valeur de la propriété mais les quelques arbres test n’ont pas fait de petits : M Dumont a privilégié les clémentines dont la récolte est en général terminée avant les risque de gel et plus tard (1995) les oranges, moins sensibles, pour diversifier la production.
Bilan des pertes chez M Dumont : moins d’une tonne de citron ... contre une dizaine de tonnes d’oranges ! L’intensité du gel et la durée du froid ont été heureusement insuffisante pour endommager les arbres eux-mêmes. Il n’y aura aucune conséquence sur la récolte suivante... Sauf nouvelle période de gel tardive quand les bourgeons auront démarré.

- Chez les autres producteurs les vergers sont mieux protégés mais nous avons joué la sécurité et récolté tous les fruits au fur et à mesure de l’arrivée à maturité.

  • Même si les agrumes peuvent se stocker sur l’arbre : Ce qui est cueilli est à l’abri des cataclysmes à venir. Bon, les jours rallongeant, j’espère quand même que nous avons déjà passé les coups durs de l’hiver.

- Les pomelos sont arrivés à maturité dans les 2 vergers précoces, celui de Jean Pierre Giansily qui a commencé la cueillette en famille, Jean François Renucci prenant la suite dès qu’il aura terminé.

- Dans les noisetiers c’est aussi le temps de supprimer à la base de vieux rameaux morts et des rejets qui sont toujours nombreux au pied (en conventionnel les noisetiers sont généralement formés sur une tige unique et les rejets sont supprimés par désherbage de la base). La floraison est terminée. Les petits fruits sont encore dans leur bourgeons, invisibles.

- Dans les avocatiers le chantier de déblaiement des branches cassées a été un préalable nécessaire à la récolte des avocats rescapés du vent. David a fait 3 passages. Vu le nombre de fruits qui se sont retrouvés par terre en décembre, il lui reste un jour de cueillette pour terminer les variétés "d’hiver". Soit 4 jours de cueillette en tout et pour tout pour les 2 hectares .... alors que la récolte s’échelonne en général de samedi en samedi de beau temps jusqu’en avril.

  • Nous avons partagé au maximum les avocats qu’il nous a livré et réussi à en mettre à presque tous les groupes. Seule exception : celui de Benoît. Je croise les doigts que le climat (=> possibilité de récolte) soit compatible avec leur prochaine date programmée le 11 mars !
  • Reste ensuite les Régina et Hass, peut-être des Nabal, variétés d’avocats "d’été" si elles arrivent correctement à maturité en avril-mai. Plus exotiques, elles sont très sensibles au froid et ne murissent pas toujours correctement => elles représentent une toute petite partie de la production et sont surtout plantées pour une bonne pollinisation. Elles passeront quasi inaperçues cette année.

Voilà pour le mois de février. Le temps est à dominante sèche et nous permet de bien avancer dans les travaux des champs. J’imagine que les arbres vont démarrer tôt cette année avec toutes les périodes vraiment très douces qui alternent les retours de froid. L’avenir le dira !

Cordialement,

Brigitte Etcheber